Une cuisson en oxydation est une combustion parfaite, avec un surplus d’oxygène qui permet aux métaux contenus dans l’argile et la glaçure de conserver la couleur de leurs oxydes.
Multan est une ville des Indes, aujourd’hui la plus grande du sud de la province du Pendjab pakistanais (voir Kashi gari).
Un mudéjar est un musulman vivant dans un pays chrétien.
Le style mudéjar caractérise l’art et l’artisanat pratiqués en Espagne du XIIIe au XVIe siècles au cours de la Reconquête ou Reconquista. Il mêle des éléments d’art chrétien et arabe. Voir hispano-mauresque.
Natif de Cherbourg, Masséot Abaquesne (vers 1510-vers 1560) est le premier à fabriquer des faïences décorées en France dans son atelier installé près de Rouen. L’œuvre de ce grand faïencier est représentative de l’art de la Renaissance arrivé en France à l’occasion des guerres d’Italie : thèmes mythologiques et décors de grotesques l’inspirent souvent. Il travaille pour les Grands de l’époque, notamment pour le connétable Anne de Montmorency pour lequel il réalise un vaste pavement pour son château d’Ecouen. Pavement toujours en place. À La Bâtie d’Urfé, dans le Forez, il réalise en 1557 le pavement de la chapelle, aujourd’hui en partie exposé au Louvre. Il a fabriqué plus de 4.000 pots de pharmacie pour un apothicaire de Rouen. Pots souvent ornés de visages de profil aux allures sévères et de guirlandes de fruits à la manière des Della Robbia.
La majolique italienne désigne l’ensemble des carreaux de pavement ou des objets en faïence produits en Italie à la Renaissance.
Le terme italien « maiolica », qui a donné « majolique » en français, est dérivé probablement du nom de la ville de Malaga au sud de l’Espagne où étaient installés de nombreux potiers maures, ou bien de Majorque aux Baléares par où transitaient vers l’Italie au XVe siècle les faïences à reflets métallisés de Malaga et Valence. Il a été repris en italien pour désigner toute faïence peinte sur glaçure stannifère. En France, on l’applique essentiellement aux faïences italiennes de la Renaissance.
Pour en savoir plus, voir notre Galerie Majoliques
Une loseta est en Espagne un carreau de céramique de faible épaisseur et de petite taille.
Il est le plus souvent de forme carrée. Les losetas peuvent être placées sur la pointe et constituer ainsi des compositions en damier oblique. Une loseta est en espagnol une petite losa, c’est à dire une dalle en pierre pour paver un sol ou recouvrir un toit. La lauze en français provient du provençal lauza apparenté à la losa espagnole.
Kashi gari est une expression utilisée aux Indes pour désigner le travail de la céramique.
L’œuvre kashi se caractérise par des décors composés de branchages et de fleurs, aux riches couleurs où domine le bleu : un bleu profond et turquoise. L’histoire de la région est ponctuée de vagues successives d’envahisseurs ; dans ce travail particulier et caractéristique de la céramique, on ressent l’influence perse, qui elle-même a subi l’influence mongole. C’est pourquoi on pense que l’origine du mot viendrait de la ville de Kachgar (actuel Turkestan chinois). Tous les mausolées et mosquées de la région sont décorés dans ce style d’un grand raffinement et très reconnaissable, et en particulier dans le Sind et à Multan. Pour ne citer que quelques magnifiques exemples : les Tombeaux de Shah Youssef Gardezi, de Shah Ruknee Alam, du Sultan Ali Akbar, de Shah Abdul Latif Bhittai, ou la mosquée Elga de Lahore.
Iznik est une ville d’Asie Mineure, aujourd’hui en Turquie, autrefois appelée Nicée, ville célèbre pour le 1er concile œcuménique qui eut lieu en 325 après J-C. Rebaptisée Iznik par les turcs ottomans, elle devint le centre le plus important de production de céramiques entre le XVe et le XVIIe siècles. On y produisait aussi bien des objets décoratifs que des carreaux de revêtement muraux.
Les décors représentés sont souvent des décors floraux, des tulipes et œillets en particulier, d’une très grande finesse et aux couleurs éclatantes, notamment un rouge vif. Ces céramiques ornent les murs de la plupart des mosquées et palais de l’antique Constantinople, actuelle Istanbul (palais de Topkapi, Mosquée de Soliman ou Mosquée Bleue, entre autres merveilles). Soliman le Magnifique en a fait aussi recouvrir le Dôme du Rocher, sur le mont du Temple à Jérusalem. De très beaux plats et carreaux de revêtement sont exposés dans les grands musées : Louvre, Musées de Sèvres et d’Écouen, en France, British Museum et Victoria & Albert Museum, à Londres, etc.
Pour en savoir plus, voir notre Galerie Carreaux islamiques
On appelle céramique hispano-mauresque la production espagnole et portugaise d’entre les XIIIe et XVIe siècles dont les décors sont d’influence maure.
Les principaux centres de production sont Séville, Valence et Tolède. L’Alhambra de Grenade et la Palais royal de Sintra au Portugal conservent de magnifiques décors avec des céramiques hispano-mauresques.
La glaçure est un enduit vitrifié proche du verre. Destinée à imperméabiliser un tesson céramique poreux, elle sert de support au décor. Si elle est opaque, on parlera d’émail, et si elle est transparente, on parlera de couverte.
Les glaçures ont été longtemps à base de plomb, ce qui les rend vitreuses. En y ajoutant un opacifiant, l’oxyde d’étain, on a pu obtenir des glaçures opaques, blanches, mieux adaptées pour servir de support à un décor peint. On parle alors de glaçure stannifère, C’est ce type de glaçure qui a permis la technique de la majolique.